« Je me vois heureuse avec vous, monsieur... oui, très heureuse...et je ne suis pas née pour l'être ; il est impossible pour que je le sois longtemps, la fatalité de mon étoile est telle, que jamais l'aurore du bonheur n'est pour moi que l'éclair qui précède la foudre...et voilà ce qui me fait frémir, je crains que nous ne soyons destinés à vivre ensemble. Aujourd'hui votre épouse, peut être ne le serais- je plus demain... Une voix secrète crie au fond de mon c½ur que toute cette félicité n'est pour moi qu'une ombre, qui va se dissiper comme la fleur qui naît et s'éteint dans un jour. Ne m'accusez donc ni de caprice ni de refroidissement, monsieur, je ne suis coupable que d'un trop grand excès de sensibilité, que d'un malheureux don de voir tous les objets du côté le plus sinistre, suite cruelle de mes revers... »
"Florville et Courval"